Chères adhérentes, chers adhérents,

Nous avons le plaisir de vous inviter à participer à l’Assemblée Générale Extraordinaire de l’association Le peRgo qui se tiendra :

Dimanche 28 juin 2026
À 15h00
Château Pergaud, 26400 Allex

Ordre du jour

L’Assemblée Générale Extraordinaire est convoquée afin de procéder à une modification des statuts de l’association.

Il sera proposé d’adopter la nouvelle rédaction de l’article 2 relatif à l’objet de l’association, afin d’ajouter la disposition suivante :

« L’association peut également proposer des produits à la vente et fournir des services, notamment dans les domaines de l’organisation et de la diffusion de spectacles vivants. »

Cette évolution permettra à l’association de développer plus largement ses activités culturelles et artistiques tout en restant fidèle à ses valeurs et à son projet associatif.

Votre présence est importante pour participer aux décisions qui concernent l’avenir du peRgo.

Si vous ne pouvez pas être présent·e, vous pouvez vous faire représenter conformément aux dispositions prévues dans les statuts de l’association.

Au plaisir de vous retrouver le 28 juin.

Le collège de l’association Le peRgo

introduction AGE le peRgo du 28/06/2026

L’évolution statutaire proposée aujourd’hui porte sur une dimension essentielle du projet associatif, celui de la place dévolu à l’art et la culture.

C’est l’occasion d’une rapide rétrospective et aussi de réflexions à partager sur les perspectives pour le lieu et plus largement quand il s’agit de s’interroger sur « l’état » et les moyens alloués à la Culture dans notre pays actuellement…

Quand l’association le peRgo a été créée en juillet 2020, l’art et la culture occupait déjà une place privilégiée, notre souhait était de pouvoir accueillir des spectacles, des artistes en résidence, de créer les conditions de rencontres et d’échanges entre artistes et publics et de considérer l’art et la culture comme vecteurs d’émancipation, de création et aussi de mixité sociale.

Le contexte de démarrage du projet en 2020 était celui du COVID, des confinements, déconfinements, reconfinements et on se souvient des injonctions auxquelles nous étions soumis épisodiquement : par exemple de ne pas se réunir à plus de 6 personnes pour ce qui est des contingences pratiques ; alors même que la Culture a été déclassée au rang des « non-essentiels » tristement à cette période.

Face à cette suspension, nous avons eu la chance ici de ne pas en être privéEs, voire cela a boosté la dynamique  : nous recevions beaucoup de propositions auxquelles nous avons décidé de répondre favorablement, surtout issues du monde musical et circassien aux débuts, mais aussi de danse, de théâtre, provenant de professionnels du secteur, d’intermittents et aussi d’artistes amateurs.

On nous a parfois reprochés en interne le manque de cohérence de la programmation voire le manque d’exigence… nous revendiquons que la promotion de l’art et la culture dans nos vies suppose de laisser de la place à une diversité d’expressions. D’autant que la différence entre amateur et professionnel n’est pas toujours aussi nette qu’il n’y paraît.

Sur le plan du statut justement, notre posture est de soutenir les artistes et donc, à la mesure de notre propre amateurisme -nous sommes toustes bénévoles – nous déclarons des spectacles et performances par le biais de Guso si cette formule est plébiscitée par les artistes. Et nous cherchons simplement à être à l’équilibre financièrement via les recettes de billetterie et de restauration et bar.

Ce qui nous guide à travers l’énergie engagée dans l’accueil de spectacles et de publics, vous l’aurez compris ce n’est pas le côté lucratif, c’est avant tout le formidable levier que représente l’art et la culture pour réunir des âmes autour d’une démarche qui tend vers le Beau dans ses acceptations larges et contestables, qui élève en tout cas toujours, met en lumière autrement des parts de l’humanité, nous aide à mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons, à y prendre pied, parfois racine, à l’interroger, le questionner…

Pour ouvrir le sujet et le rattacher à l’actualité récente, voici quelques questions qui accompagnent le lancement de la 80e édition du Festival d’Avignon qui se tiendra du 4 au 25 juillet, l’affiche du festival 2026 se matérialisant par une point d’interrogation qui tape du poing sur la table, sur fond jaune :

– Le Festival d’Avigon est-il une fête des questions ?
– Dans un monde rempli de mauvaises réponses, doit-on se réunir autour des arts pour chercher les bonnes réponses ?
– Peut-on danser une langue ?
– Considérez-vous que le doute est nécessaire même en période d’incertitude ?
– Faut-il continuer à poser des questions pour lesquelles nous savons pertinemment qu’il n’y a pas de réponse ?
– Le Festival d’Avignon durera-t-il encore 80 ans ?
– Préférez-vous une question qui vous obsède ou 80 questions qui vous habitent ?
– Si nous pouvons comprendre sans aimer, pouvons-nous aimer sans comprendre ?
– Quel est le spectacle de votre vie ?
– Une question posée dans une assemblée est-elle plus puissante qu’une question qui nous vient dans un moment de solitude ?
– Selon vous, quand la crise climatique rendra-t-elle impossibles les festivals d’été ?
…..

Ce florilège de questions qui peuvent nous laisser indifférentEs, nous haranguer, nous stimuler, peuvent aussi nous effrayer tant elles réveillent des gouffres de doutes.

… mais elles sont pourtant saines, salvatrices, tant que nous pouvons nous les poser ensemble, dans un espace ouvert, si possible public et que nous pouvons accueillir les multiples réponses et questions qu’elles suscitent…. L’art et la culture contribuent grandement à cette vivacité, ce foisonnement d’interrogations qui nous rendent tellement vivants et libres.

Tiago Rodrigues a pris la parole publiquement dernièrement, profitant de l’aura médiatique qu’offre le Festival d’Avignon, pour dénoncer l’annulation d’un spectacle dans la Ville de Castres prévu pour février 2027. Il s’agit du spectacle intitulé « Passeport », dont l’auteur et metteur en scène se nomme Alexis Michalik. La pièce retrace le parcours d’exilés. La nouvelle Mairie RN élue lors des élections municipales de mars dernier n’a pas jugé ce spectacle compatible avec son propre programme politique à cause de la façon dont il ferait « la promotion des clandestins et proposerait une vision des forces de l’ordre assez particulier »…

Tiago Rodrigues a prolongé son soutien en déclarant qu’il ne travaillerait pas avec le RN s’il arrivait au pouvoir – Avignon étant un bastion qui n’a pas encore basculé dans un Vaucluse très droitier…

Autre évènement symbolique des mouvements politiques récents et significatif du malaise dans la profession qui a été relayé y compris dans les médias de masse, donc qui a pris une ampleur suffisante pour cela :

Le départ de plus d’une centaine d’écrivaines et écrivains de la maison d’édition Grasset suite au licenciement de son Directeur Olivier Nora, décision prise par le milliardaire Vincent Bolloré, propriétaire entre autre d’Hachette Livre qui abrite Grasset, ou encore des édtions Fayard.

Voici un extrait de la lettre ouverte publiée le 15 avril par environ 130 autrices et auteurs qui ont décidé de quitter Grasset :

Le licenciement d’Olivier Nora « est une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale et à la liberté de création. Une fois de plus, Vincent Bolloré dit « je suis chez moi et je fais ce que je veux ».

Nous ne voulons pas que nos idées, notre travail, soient sa propriété. Aujourd’hui, nous avons un point commun : nous refusons d’être les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias. »

Face au péril qui guette outrageusement le monde du spectacle vivant plus largement celui de la Culture du fait des baisses drastiques de financements publics – car les budgets s’asphyxient tant au nouveau de l’État que des Collectivités Territoriales, et à la privatisation galopante de ce qui devient un marché de l’art et la culture, est-ce que des lieux comme le nôtre peuvent faire quelque chose qui ait du sens ?

Notre façon de répondre à cette question, humblement, est de continuer à accueillir des artistes, des spectacles, des publics divers et variés, de pratiquer des tarifs accessibles au plus grand nombre, tout en essayant de garantir une rémunération juste ou minimum aux artistes qui se produisent.

Le changement statutaire s’inscrit dans cette intention pour faciliter nos démarches administrativement et être reconnus comme organisateurs de spectacles.

Convocation à l’Assemblée Générale Extraordinaire de l’association Le peRgo